L’aventure commence

Les premiers jours

Le jour J est arrivé: je pars pour le Burkina Faso, déterminée plus que jamais à ouvrir un orphelinat à Bobo-Dioulasso. 

Dans cette envie de retourner vivre sur cette terre qui m’a vue grandir enfant, dans cette mission qui me tient à cœur d’accueillir et de prendre soin d’enfants orphelins, m’accompagnent des amis, venus m’aider bénévolement à transporter les dons matériels divers reçus en France et à accomplir les premières démarches nécessaires. 

Notre préparation au voyage

– Réservation du billet

– Consultation médicale pour les vaccins obligatoires (fièvre jaune) et fortement conseillés hépatite A, typhoïde, méningite et à jour DTPOLIO

– Passeport à jour et demande de visa

– Rassemblement des dons divers dédiés aux enfants et préparation de nos bagages : la valise soute de 23 kilos est dédiée aux fournitures pour l’orphelinat, car pour l’Afrique, pas besoin d’une garde- robe conséquente, nos affaires personnelles sont en bagage cabine

– Organisation du départ : pour certains de Paris, pour d’autres de Marseille 

Jour 1 

14 SEPTEMBRE 2019 

Décollage de Murielle et Gladys de Paris, décollage de Robert, Prescilia, Sandrine et Elisabeth de Marseille. 

Rencontre de l’équipe de Marseille et Gladys à l’aéroport de Bruxelles pour un décollage vers Ouagadougou. Le vol se passe à merveille même pour les non-habitués des longues distances en avion. Toutefois, le vent et la pluie rendent l’atterrissage périlleux mais après 7 essais nous voilà sains et saufs sur le tarmac. 

Notre chauffeur de taxi nous attend pour nous emmener vers l’hôtel que nous avions réservé. Un seul taxi pour 6 personnes et 10 bagages, « y a pas de problème au Burkina ça passe, on est large ». 

Installation à l’hôtel en attendant l’arrivée de l’avion de Murielle qui a pris du retard au départ. 

21h30 tout le monde est réuni autour d’un poulet yassa et une bonne bière locale, la célèbre Brakina. 

Pour les néophytes, l’appel à la prière à 5h du matin peut être perturbante. 

Jour 2

15 SEPTEMBRE 2019 

Ouaga c’est bien joli, mais on préfère Bobo. Le départ par bus Elitis est prévu à 10h30, pas de problème, les billets avaient été réservés par internet. 

Le trajet dure 5h30 mais il se fait dans une ambiance confortable et climatisée avec repas et eau offerts. 

Nous arrivons à Bobo-Dioulasso à 16h comme prévu et Albert, l’homme de confiance de l’orphelinat, nous attend avec un véhicule adapté (un 4×4 à 7 places). 

Nous nous installons, une partie des bénévoles à l’orphelinat, l’autre partie dans la maison que je loue. 

Comme nous avons encore un peu d’énergie, nous préparons et organisons la journée du lendemain autour d’un repas à l’hôtel “Villa Rose”. 

Jour 3 

16 SEPTEMBRE 2019 

Une équipe s’occupe de ranger les vêtements et les jouets, une deuxième équipe s’occupe des courses et notre équipe masculine s’occupe du bricolage. 

L’après-midi est dédiée aux rencontres avec les nounous, la cuisinière et la femme de ménage et nous avons aussi la visite de Monsieur Magloire de l’action sociale. 

Nous pensons que l’orphelinat est enfin prêt à ouvrir demain !! 

Jour 4 

17 SEPTEMBRE 2019 

Après une réunion au sein des bénévoles, on craint de ne plus avoir assez de personnel car il y a des désistements, mais c’était sans compter sur Abdoulaye notre guitariste burkinabé qui en une matinée nous trouve les nounous manquantes et tout rentre dans l’ordre. 

Nous profitons, malgré la pluie, de notre après-midi de libre pour visiter la grande mosquée de Bobo et découvrir le travail d’un artisan sculpteur de bronze. 

Jour 5 

18 SEPTEMBRE 2019 

Nous attendons toujours les premiers bébés, pendant qu’une autre équipe part faire des courses. 

L’après-midi est consacrée à l’achat d’un frigo congélateur, pendant que Sandrine et Prescilia se font faire des tresses africaines. Elles ont un peu souffert mais le résultat est plutôt joli. 

Jour 6 

19 SEPTEMBRE 2019 

Aujourd’hui, le Président du Burkina Faso est présent à Bobo-Dioulasso, ce qui rend la circulation quasi impossible. 

Toutefois, comme rien ne nous arrête et que le soleil est au rendez-vous, nous partons à pied à la recherche de petits artisans. 

Toujours pas de bébés, tant mieux si aucun enfant n’est abandonné, mais nous ne somme pas sûrs que ce soit la vraie raison. 

Jour 7 

20 SEPTEMBRE 2019 

La ville est toujours bloquée donc nous allons à pied au musée où nous découvrons l’art africain contemporain et ancien ainsi que les habitations ancestrales. 

Comme désormais nous sommes presque burkinabés, nous prenons l’apéro à la Brakina (66cl!) dans un maquis proche de l’orphelinat et passons la soirée au Centre Culturel des Bambous pour apprécier un concert de musique traditionnelle. 

Jour 8 

21 SEPTEMBRE 2019 

Robert est pressé de prendre le billet retour pour Ouaga, pas de stress nous allons tranquillement réserver les places dans le bus pour le lundi 23 septembre. Voilà maintenant on va pouvoir continuer notre périple. 

Dernières courses pour nos bénévoles qui voudraient tout acheter tellement ils trouvent tout beau. 

Dernier apéritif au maquis avant le concert dansant au « Bois d’Ebène » autour d’un succulent poulet grillé. Robert résiste tant bien que mal aux changements d’habitudes (alimentaires, sociales, musicales, etc.), il nous fait bien rire car il supporte courageusement. 

Les bénévoles aimeraient pouponner mais la grève des fonctionnaires ne nous permet pas de faire avancer notre dossier. 

Jour 9 

22 SEPTEMBRE 2019 

Nous n’avons rien prévu de particulier aujourd’hui et pour avoir un peu de connexion nous allons tranquillement à Villa Rose en prévision d’y prendre notre déjeuner. 

Moctar, le maître des lieux, nous conseille la visite de la vieille ville « Dioulassoba » et il nous dépose au point de rendez-vous pour la découverte de ce patrimoine. 

Choc culturel et émotionnel, nous sommes au cœur de la ville pauvre, artisanale, animiste, chrétienne, musulmane, chaque quartier a sa spécificité et tout le monde vit en harmonie. 

Lors de cette visite, nous découvrons la fabrication du dolo, bière artisanale à base de mil et de levure, les griots et leurs instruments de musique, cora, balafon, djembé, les artisans du bronze et la plus ancienne maison de Bobo construite au 11e siècle par une femme qui s’appelait Sya. 

Aujourd’hui la ville de Bobo est la cité de Sya. 

De retour à l’orphelinat, nous avons droit à un atelier sucrage d’arachide par nos petites voisines qui s’amusent beaucoup de voir des petites blanches essayer de tourner la cuillère dans la bassine sans se brûler autour du foyer au feu de bois. Et donc, ensuite dégustation des arachides, trop délicieuses. 

Dernier après le dernier, apéritif au maquis. 

Préparation des valises pour le départ du lendemain. Pas facile pour certains, un peu soulagé pour d’autres. Le départ pour 4 d’entre eux, c’est pour demain. 

Jour 10 

23 SEPTEMBRE 2019 

Robert, Murielle, Sandrine et Prescilia nous quittent, ils sont prêts à prendre le bus vers Ouaga, en attendant Gladys se fait faire des tresses. 

Tout le monde s’est entendu à merveille, aucun désaccord, aucun accroc, aucun problème, aucune tension. Vous revenez quand vous voulez. 

Gladys et moi avons eu la visite de Marguerite, la directrice d’une crèche, à qui j’avais rendu visite lors de mon précédent voyage pour savoir comment pouvait fonctionner une crèche au Burkina. Elle est de très bon conseil et très lucide sur la situation au Burkina. 

Jour 11 

24 SEPTEMBRE 2019 

Tous nos bénévoles sont arrivés en France. 

Gladys et Elisabeth sillonnent la ville de Bobo. 

Nous faisons l’acquisition d’un kit pour laver les enfants (baignoire, seau, poubelle…) et de tapis en paille pour aménager l’orphelinat. 

Une halte riz sauce à Villa Rose s’impose. 

Puis nous rendons visite à Solange, une amie d’Elisabeth, qui vient d’avoir un magnifique bébé. 

Nous commençons quand même à nous inquiéter du sort des enfants en période de grève car nous ne sommes toujours pas sollicités. 

Gladys et moi pensons vraiment à aller à l’hôpital pour voir ce qui se passe. 

Jour 12 

25 SEPTEMBRE 2019 

Nous sommes décidées et déterminées à lever le voile sur le flou qui entoure les enfants orphelins. 

Nous partons vers l’hôpital, mais faisons une halte à l’action sociale pour voir Monsieur Magloire. Bien nous en a pris, car il nous donne le nom et le numéro de l’assistant social de l’hôpital. 

Après avoir discuté avec lui, nous sommes un peu rassurées car il nous affirme que les enfants qui sont amenés par les pompiers reçoivent les soins que nécessite leur état et que les autres sont dirigés vers l’action sociale. 

Nous comprenons aussi pourquoi rien ne bouge au niveau de notre orphelinat, il nous faut un agrément que nous n’avons pas et donc l’action sociale ne nous connaît pas. 

Rendez-vous est pris immédiatement pour demain matin avec la direction de l’action sociale afin d’obtenir cet agrément. 

Sur le chemin du retour vers l’orphelinat, comme nous sommes en manque de social, nous faisons une halte à l’association Maïa proche de chez nous, où nous faisons la connaissance de la directrice, ancienne prof de philo à la retraite, une femme d’exception qui s’occupe depuis 1994 des femmes et des enfants les plus démunis. Je pense qu’une belle collaboration va s’installer. 

Jour 13 

26 SEPTEMBRE 2019 

Cette journée est consacrée à l’organisation de notre petit voyage vers Samendeni prévu le lendemain. Nous allons y visiter l’orphelinat de mes amis Oumar et Fatou, je sais que Oumar est en France, mais peu importe nous verrons les enfants et Fatou. 

Samendeni est un petit village à une quarantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, après la ville de Bama, sur la route du Mali. Nous décidons de partir en taxi-brousse, sorte de camionnette-taxi locale, chargée au maximum, pour hommes, animaux et biens (comme motos, valises, sacs de riz, etc.) bien que Moctar nous ait proposé de nous prêter une voiture. La route entre Samendeni et l’orphelinat Bassitara n’est pas toujours praticable pour un véhicule de tourisme. 

Gladys, dont le départ est prévu le 28 septembre, commence à rassembler ses affaires. Elle serait bien restée une semaine de plus. 

Jour 14 

27 SEPTEMBRE 2019 

Voilà, nous sommes prêtes. Notre taximan, Adama, nous amène à la gare des taxis-brousse. Dernière recommandation d’Albert : « ne prenez pas un véhicule fatigué ». Bon donc le taximan évite le premier et nous embarquons dans le deuxième. Disons que nous avons évité le véhicule mourant et que nous avons pris le « fatigué ». 

Nous sommes heureuses de notre expédition. Prix du taxi brousse, où une quinzaine de personnes s’installent et où quelques kilos de marchandises sont entassés sur le toit, 1500fcfa pour deux personnes (2.3€). Je ne recommande pas ce moyen de locomotion aux personnes n’ayant pas un pouvoir d’adaptation développé, voire très développé. 

Gladys, elle, est aux anges: enfin la brousse, l’Afrique, la vraie, la profonde, celle que seuls les vrais amoureux de ce continent aiment. 

On nous dépose à l’entrée de Samendeni, mais nous avons un petit kilomètre à faire à pied avant d’atteindre l’orphelinat. Nous croisons des petits gardiens de chèvres qui nous crient « toubabou » (ce qui signifie « les blancs »), un troupeau de bœufs et nous profitons de la luxuriance de la flore en cette saison des pluies. 

Fatou nous accueille avec son magnifique sourire, elle a cuisiné pour nous : du tô, du riz gras et un poulet grillé offert par la maman d’un petit garçon que j’ai fait soigner lors d’un de mes voyages. 

Nous passons un très bon moment avec les enfants de l’orphelinat, on discute, on danse et voilà que l’heure du retour a sonné. Nous sommes des aventurières, mais nous ne sommes pas complètement inconscientes, il faut être à Bobo avant la nuit. 

Fatou fait le voyage avec nous jusqu’à l’entrée de Samendeni où nous devons prendre le taxi-brousse pour le retour. Malheureusement, le premier véhicule qui passe est plein, le temps commence à se 

détériorer, quelques nuages noirs font leur apparition. Nous ne savons pas à quelle heure le suivant passera et donc Fatou, dans un élan de générosité stoppe un semi-remorque. 

Les deux aventurières que nous sommes, après une seconde d’hésitation (quand même, il ne faut pas exagérer), décidons de grimper dans ce camion où trois hommes nous attendent. Dire que nous étions complètement rassurées serait vraiment un pieux mensonge. On s’est regardées en ce demandant si on n’était pas un peu cinglées quand même. 

Mais bon, une fois installées, nos compagnons de route se sont avérés être de parfaits gentlemen et en plus ils écoutaient de la super musique malienne. 

Finalement, la tornade s’est levée et devinez qui on a croisé sur la route, obligé de s’arrêter tant le vent soufflait…le taxi-brousse que nous n’avions pas pu prendre. Nous, on était au chaud et à l’abri du vent et de la pluie. Le dernier contrôle de police a été un peu long à passer et après quelques palabres et 7000fcfa donnés au policier par notre chauffeur, nous avons pu redémarrer et arriver à Bobo sans encombres. 

Après avoir remercier chaleureusement nos trois compagnons, nous sommes retournées à la maison prendre une bonne douche pour enlever toute la poussière que nous avions accumulée dans la journée. 

Jour 15 

28 SEPTEMBRE 2019 

Et voilà, le jour du départ pour Gladys est arrivé. 

Albert charge sa valise sur la moto et nous partons toutes les deux à pied vers la gare Elitis qui se trouve à 10mn de l’orphelinat. 

Elle est sûre de revenir et j’en suis ravie. 

Le reste de la journée se passe dans le calme, je tourne, je vire. Demain sera un autre jour. 

Un énorme merci à tous ces fabuleux bénévoles, j’espère vous revoir tous bientôt. 

Elisabeth Coniglio 

Présidente de l’association Abinanien

L’équipe devant la maison de la culture à Bobo-Dioulasso
Gladys et Elisabeth
L’équipe dans la joie et la bonne humeur
L’équipe des sept
Petit-déjeuner à Ougadougou
Albert et Robert bricolent
Une chambre de l’orphelinat
La biberonnerie
La nurserie est prête
Le coin lecture
La livraison du frigo
La nurserie
Sur la terrasse de l’orphelinat
Sculptures de bronze dans le Vieux quartier
Enfants du Vieux quartier
Fabrication du « dolo », bière artisanale à base de mil
La Grande Mosquée de Bobo
La plus vieille maison de Bobo
Un bronzier
Famille vivant dans le Vieux quartier
La transhumance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *