Coronavirus à l’horizon

MARS 2020

En ce début du mois de mars, Coronavirus se profile à l’horizon. Je commence à réfléchir à une stratégie pour limiter le plus possible les dégâts.

Dès le 16 mars, nous invitons tous les parents à récupérer leurs enfants pour que l’orphelinat soit le plus possible en confinement. Seuls les enfants orphelins et les bébés restent avec nous. Malgré tout, nous récupérons un enfant de 11 ans, Jacques, sourd et muet car le centre où il réside habituellement a fermé ses portes. Malheureusement, rien n’est facile avec Jacques, il frappe, fugue et n’est pas à l’aise dans un centre comme le notre où il n’y a que de jeunes enfants. Gaston de l’action sociale essaye de trouver une solution pour lui.

Le 20 mars c’est avec un grand bonheur que nous accueillons la petite Blandine âgée d’environ 4 jours.

Cette enfant a été retrouvée dans les latrines d’une cour, enveloppée d’un pagne. Elle passe 2 jours à l’hôpital en observation car elle est déshydratée. Ses premiers jours chez nous sont un peu compliqués, elle ne sait pas téter et nous devons faire attention car elle est toujours déshydratée. Je décide donc de la prendre 48h à la maison pour que je puisse la surveiller heure par heure. Au début, je suis obligée de faire tomber le lait goutte par goutte dans sa bouche, puis petit à petit elle finit par téter et les nounous la reprennent à l’orphelinat.

Blandine s’est bien adaptée, parfois elle a besoin d’un gros câlin pour se sentir bien, mais elle mange bien et grossit à vue d’œil. 

L’action sociale a mené son enquête pour retrouver la mère de l’enfant, et elle l’a retrouvée. Après interrogatoire, le procureur de la république décide de rendre l’enfant à sa mère. Le 2 avril, Blandine nous quitte, non sans que cela nous fende le cœur car nous ne sommes pas sûres de son devenir.

La bonne nouvelle c’est que nous avons enfin le récipicé de la reconnaissance de notre association au Burkina. Maintenant il faut que cela paraisse au journal officiel. Mais comme Bobo est en quarantaine je ne peux pas aller à Ouagadougou pour faire l’enregistrement. Je vois avec Moctar s’il est possible de faire quelque chose à Bobo.

Sinon, nous sommes en confinement complet maintenant depuis le 20 mars. Le planning des nounous a été remanié en conséquence et les portes de l’orphelinat sont fermées à clé.

Tous les enfants vont bien, les jumeaux Abbi et Abdoulaye sont méconnaissables tellement ils ont pris des rondeurs et la vie de l’orphelinat est un peu monotone mais on s’adapte à cette situation avec beaucoup de fair-play.

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